Un mythe bien ancré en psychologie
- Edouard Hagenaar
- 23 févr.
- 3 min de lecture
La croyance selon laquelle l’hémisphère droit du cerveau serait la zone de l’expression et de la créativité et l’hémisphère gauche du rationnel et de la logique relève d’un mythe bien encré élaboré au XIXe siècle.
Il existe bon nombre de livres, exercices et tutos censés développer l’activité de l’hémisphère droit pour apprendre à mieux dessiner.
Bien que fondés sur un mythe, ces exercices ont bel et bien une utilité : apprendre à dessiner ce que l’on voit, et non ce que l’on croit voir.
La meilleure illustration en est le célèbre tableau de Magritte représentant une pipe avec l’annotation : « ceci n’est pas une pipe ». Le tableau s’intitule « La Trahison des images »
Le spectateur ne voit pas une vraie pipe, mais un ensemble de lignes et de couleurs que son cerveau interprète comme étant une pipe. En d’autres termes, le cerveau interprète des codes communiqués par l’artiste.
Pour dessiner de façon réaliste, il faut entrainer son cerveau que le cerveau se débarrasse
Pour bien dessiner
Exemple :

Ceci n’est pas un chat
Pratique : S'exercer avec des exercices basés sur la perception plutôt que sur la logique pure.
Faire un autoportrait (ou tout autre dessin) à l’envers
Espaces positifs et négatifs
J’avais déjà parlé des formes négatives dans plusieurs articles, mais comme certains lecteurs n’en avaient pas compris l’intérêt, je me dois d’y revenir pour compléter mon propos.
Il faut voir les espaces positifs et négatifs comme des perceptions visuelles, une manière de voir les choses et de sortir des sentiers battus.
Les espaces positifs sont les formes pleines, c’est-à-dire l’intérieur de la silhouette de l’objet qu’on veut représenter.
Les espaces négatifs, quant à eux, sont les formes vides à l’extérieur des contours de la silhouette des objets.Un exemple à retenir est celui du vase ci-dessous.

L’espace positif montre un vase. Les espaces négatifs montrent deux visages.Les espaces positifs sont très utilisés par les peintres pour décrire rapidement les formes et les aplats des ombrages, sans dessiner le moindre trait.
Il est donc possible de s’intéresser à l’extérieur de la forme et de focaliser son attention dessus. Ce n’est qu’une question de point de vue et de concentration.
Imaginons que j’aie du mal à dessiner la forme de ce vase. En me concentrant sur la forme du visage dans l’espace négatif, il m’est possible de me servir à la fois de la forme interne et de la forme externe afin que mon contour soit plus précis et mieux proportionné.
Il suffit en fait de le décider, et de sortir visuellement de la forme.
Le cadre et la croix vont créer comme des repères qui vont guider votre esprit en décomposant une forme complexe, en 4 subdivisions graphiques.Le quadrillage vous forcera à évaluer les proportions et les angles des traits de contours.
Non ce n’est pas de la magie noire ! Le cerveau est ainsi fait.
En simplifiant et en décomposant un visuel de manière simpliste, que ce soit en 2D ou en 3D, on peut voir le monde d’un nouvel œil. Il devient alors bien plus aisé de dessiner tout ce que l’on voit, même des formes organiques et complexes comme le visage, les mains ou les personnages.
C’est d’ailleurs un des secrets de réussite du dessin. Il faut l’essayer et pratiquer pour le comprendre.
Lire cet article ne vous apportera rien si vous ne pratiquez pas dans la foulée.Une méthode de segmentation (quelle qu’elle soit) s’avère extrêmement efficace pour nos dessins d’observation.
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